22 mars 2017

"Enfants du Hasard", au "Caméo" de Namur, ce 22 Mars

Ce mercredi 22 mars, à 20h, au « Caméo »-Namuravant-première du documentaire« Enfants du Hasard » (Thierry Michel & Pascal Colson/Bel./2017/ 100?), suivie d’un débat avec Thierry Michel, le réalisateur, avec Colette Braeckman, de « L’Homme qui répare les femmes: La colère d’Hippocrate » (Bel./2015/115?), « Magritte du meilleur Documentaire », en 2016, un film ayant reçu 16 prix internationaux, à Alger, au Burkina Faso, en Guadeloupe, à La Haye, à Los Angeles, à Mexico, à Montréal et au Portugal.


Les enfants du hasard


Auteur, durant 25 ans, de nombreux autres documentaires sur l’AfriqueThierry Michel revient ici dans sa région liégeoise, à Cheratte (Visé), face à l’ancien charbonnage du Hasard, abandonné depuis une quarantaine d’années.


Les enfants du hasard


Ainsi, ce film, un éclat d’énergie lumineuse particulièrement revigorant, commence par une vue aérienne localisant un lieu de vie, en bordure de l’ E40, avec des arbres, une pièce d’eau, une friche industrielle… On se rapproche pour découvrir le fourmillement d’une cour d’école.


Les enfants du hasard Les enfants du hasard 


Pendant toute une année scolaire, assisté par Pascal Colsonil va vivre le quotidien vibrionnant d’une classe de sixième primaire, celle de Brigitte Pirlet, « une institutrice qui crève l’écran » (Philippe Bodeux/« Le Soir »), disant à ses élèves« Si votre grand-père n’avait pas décidé un jour de quitter son pays, pour venir travailler à Cheratte, vous seriez en Turquie, dans une autre école, au lieu d’être ici, avec moi.« 


Cette Madame Brigitte, en fin de carrière, a de l’énergie à revendre. Son métier, c’est une affaire de corps-à-corps, de disponibilité envers ses élèves. Elle agit et ne pontifie jamais sur son projet pédagogique. Frontale, elle ne mâche pas ses mots, tant avec les enfants qu’avec les parents, son objectif étant la réussite de tous ses élèves, même si elle doit bien expliquer, avec humanité, à l’une d’elles qu’elle devra recommencer son année, le film se terminant avec la proclamation des résultats.


Les enfants du hasard


De cette institutrice, Thierry Michel nous dit: « C’est vraiment une personne hors normes, elle est extraordinaire », nous confiant également: « Au départ, j’avais envie de traiter la question minière dans l’axe nord de Liège, donc du côté de Cheratte, avant d’aborder la question sidérurgique, dans l’axe sud. Puis, j’ai entendu parler de cette insitutrice, Brigitte, qui ne correspond sans doute pas tout à fait à ce qu’on attend, aujourd’hui, d’une institutrice ou d’un instituteur. Mais, au delà de cette classe, ce film traite, aussi, de l’enseignement en général, en espérant qu’il puisse rendre un peu de fierté aux enseignants. »


Les enfants du hasard


Bruno Boutsen (« La Libre Belgique ») écrit: « Entre doutes et espoirs, conçu comme une ode à la vie et raconté par les enfants, ce film tisse ainsi les liens entre passé, présent et futur, dessinant un sens du bonheur possible, au sein de l’école et de la société. Une ode à la vie raconté par les enfants. » 


« Un documentaire bouleversant » (Aurélie Drion/« La Meuse »), « Un pur bonheur … une vraie réussite » (Nicolas Crousse/« Le Soir »), « Révélateur et émouvant, un rempart contre tous les replis identitaires » (Juliette Goudot« Moustique »), « Une sarabande colorée et gorgée de vie » (Dany Habran/« Journal des Grignoux »).


Thierry Michel


T. Michel/ »Cinergie »


Qu’écrire de plus, sinon de vous recommander d’aller voir ce film et de pouvoir échanger avec Thierry Michel, toujours aussi disponible, s’étant intéressé aux enfants, caméra à la main, dès 1990, avec « Gosses de Rio » (48?), entre regards d’enfants et triste réalité de leur quotidien tragique, un documentaire qui interpelle, qui parle, qui bouscule, qui marque… Ici, avec « Enfants du Hasard », ce réalisateur nous revient, avec d’autres enfants, dans leur vie quotidienne, au contact de leur institutrice, avec un document plein de vie, tourné dans sa Wallonie natale.


Yves Calbert.